Kwakiutl (Kwakwaka’wakw)

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Le carré

Diane Bell, la créatrice du carré, a reproduit le motif lié à son grand-père, la Grenouille (symbole de renouveau et de renaissance). Elle l’a brodé sur une étoffe de melton rouge superposée sur une toile de fond noire, dans le style traditionnel des couvertures à boutons. Ces couvertures étaient confectionnées après que la Compagnie de la Baie d’Hudson ait commencé à faire le commerce des couvertures de laine avec les autochtones. À l’origine, des coquilles, d’ormeau ou autres, étaient transformées en boutons ; toutefois, le commerce a aussi apporté les perles et les boutons de nacre, comme ceux utilisés pour agrémenter le motif. La couleur rouge (symbole de la vie), de l’appliqué et de la bordure intérieure, évoque le cèdre teint avec des œufs de saumon pour lui donner une coloration vive. Chaque famille inventait son écusson à partir d’éléments du ciel, de la terre et de la mer. Les couvertures à boutons décorées de l’écusson familial sont censées être les Robes du pouvoir. Pour les Kwakwaka’wakws, le cuivre était le symbole de la richesse et la Grenouille était reconnue comme la fabricante de cuivre. La légende de la Grenouille décrit comment elle mettait tout homme au défi de la regarder sans sourciller. Si un homme réussissait, la Grenouille mourait et l’homme pouvait recueillir du cuivre dans la rivière. Diane trouvait que c’était une entité aimable et douce qu’il était approprié d’inclure dans la courtepointe. Elle a dédié ce carré à son défunt oncle et mentor.

Kwakiutl Weaving - Museum of Anthropology UBC - Vancouver BC - Canada
Tissage Kwakiutl
WTMTL Organisateur Mât totémique Kwakiutl (milieu)
Mât-totem Kwakiutl
The Vancouver Island community. (postcard) - NARA - 297252
Hommes Kwakiutl
Kwakiutl-Boat
Kwakiutl en bateau
Wawadit'la(Mungo Martin House) a Kwakwaka'wakw big house
Maison large Kwakwaka’wakw
"Sun's Mask"
Masque du soleil
Kwakiutl carver Ellen Neel carving totem pole
Sculpteur sur bois Kwakiutl
Kwakwaka'wakw House Ornaments
Ornements de maison Kwakwaka’wakw

Culture

Les Kwakwaka’wakws, connus comme les Kwakiutls par les anthropologues, sont répartis dans 17 tribus. Chaque tribu a un nom différent et vit dans sa propre région, le long de la côte nord-ouest de la Colombie-Britannique. Aujourd’hui, dans les écoles, les jeunes apprennent une langue Kwak’wala « universelle ». Traditionnellement, chaque tribu s’exprimait dans son propre dialecte, lequel comprenait des subtilités et des nuances que, de nos jours, seuls quelques aînés connaissent encore. À l’origine, c’était une langue non écrite ; puis, le récit est devenu un art mis en pratique pour inculquer les valeurs culturelles aux jeunes Kwakwaka’wakws. On croit que les premières rencontres avec les Européens, les Espagnols Bodega et Maurelle, ont eu lieu en 1775. Plusieurs autres rencontres ont suivi, ce qui a eu un effet irréversible sur le mode de vie autochtone. Ces événements ont été notés dans le cuivre, les masques, les mâts totémiques et dans d’autres formes d’art durables. Les Kwakwaka’wakws dépendent beaucoup de la vie marine pour se nourrir. Quant à la forêt, elle fournit les matériaux pour construire des maisons, des canots et des outils. Ces autochtones avaient une structure sociale complexe basée sur le statut et la richesse. Les potlatchs, qui marquaient les importantes transitions de la vie, étaient des événements complexes qui devaient être planifiés de nombreux mois, voire une année, à l’avance. Traditionnellement, le potlatch était un « enregistrement » formel de l’événement et les invités agissaient comme témoins. Entre 1884 et 1951, le gouvernement fédéral a déclaré ces fêtes illégales. Par contre, la tradition s’est perpétuée de façon clandestine et a été transmise aux générations suivantes. La pratique a été revitalisée et, aujourd’hui, les potlatchs sont des événements très attendus qui se déroulent librement. Les Kwakwaka’wakws sont considérés comme des maîtres des arts de la scène et du théâtre. Ils agrémentent toutes leurs activités symboliques de fantaisies et de raffinements spectaculaires.

Commanditaire: U'Mista Cultural Centre | Photos Wikimedia Commons et Flickr